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Millénium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes, de David Fincher

Millénium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes, de David Fincher millenium-fincher

    Une enquête policière, un personnage féminin intriguant, l’omniprésence d’Internet ? Après Fight Club, Seven ou encore The Social Network, David Fincher s’est vite imposé comme celui qui devait être à la tête de ce remake inspiré du best-seller suédois. Qui de plus adéquat pour plonger son film dans une ambiance angoissante qui tient en haleine dès le sublime générique de début et ce durant plus de 2h30 ? Qui de plus intégré dans son époque pour livrer un long métrage hyper moderne où Google et Apple font partie intégrante de l’histoire ? Qui d’autre aurait pu choisir Trent Reznor et Atticus Ross pour une musique originale électronisée favorisant la montée du suspense ? Nobody but Fincher. Dans ce « feel-bad movie » magistral, le réalisateur affirme plus que jamais son génie et sa folie furieuse,  s’entourant d’un excellent Daniel Craig et d’un Christopher Plummer à la fois imposant et touchant.  Ce début d’année 2012 semble aussi être le temps de la gloire pour les anciens acteurs de The Social Network. Après Armie Hammer dans J.Edgar et Max Minghella dans The Darkest Hour, c’est au tour de Rooney Mara de se révéler ici. Si elle n’était apparue que dans trois scènes en tant qu’ex-petite amie de Mark Zuckerberg, elle s’affirme ici dans un rôle de jeune fille asociale, percée, tatouée, bisexuelle et victime des abus de son tuteur. On se souviendra longtemps de ce rôle troublant et énigmatique et la carrière de l’actrice est évidemment à suivre de très près. Sans compter la nomination pour la jeune femme, les Oscars semblent aussi avoir oublié ce petit bijou d’intelligence, qui, au final, surpasse par bien des aspects la version suédoise de Niels Arden Oplev, au point même de la réduire au statut de mauvais téléfilm. C’est à croire que cette année, les statuettes dorées ne seront pas synonymes de talent, car, comme à son habitude, David Fincher signe ici un film passionnant, dérangeant et difficilement oubliable. 

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L’Amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder

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     Dans cette adaptation de son propre roman, Frédéric Beigbeder se montre à la fois fidèle et infidèle à lui-même. Son univers cynique est parfaitement reconstitué, entre soirées alcoolisées, filles à gogo et lendemains difficiles. L’écrivain(-réalisateur ?) semble avoir trouvé en Gaspard Proust son double parfait, tout aussi drôle et déprimé que lui. Même si ce dernier a du mal à entrer entièrement dans son rôle, il se révèle véritablement dans les quelques moments de complicité avec Louise Bourgoin. Là où Beigbeder s’éloigne de son récit, c’est dans  l’histoire intime des personnages comme celui, étonnant, de Joey Starr et dans sa volonté de montrer un amour emprunt de beauté. A travers les paysages envoûtants, le maquillage des acteurs et des images poétiques, il nous embarque dans cette histoire hors du commun et raffraichissante. Avec une bande-son plaisante, des regards-caméra très peu dérangeants et un dernier plan captivant qui annonce le début de la fin, Frédéric Beigbeder semble s’être bien intégré dans l’univers du cinéma, sans pour autant nous livrer la comédie de l’année. L’amour dure trois ans, certes, mais le film persistera t-il aussi longtemps dans nos mémoires ? Réponse le 18 janvier 2015 !

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Une Vie Meilleure, de Cédric Khan

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     Une bande-annonce attirante, deux acteurs français populaires, une histoire qui s’annonçait bouleversante, une presse unanime. Tout laissait à penser qu’ Une Vie Meilleure serait la première bonne surprise française de 2012. Et pourtant, le film s’étale dans d’innombrables séquences lentes et inutiles, utilisant sans modération des fondus au noir, des gros plans, des flous insupportables ainsi que des mouvements de caméra instables. Le scénario, lui, n’a aucun fond, sombre dans un sentimentalisme excessif et laisse attendre une fin tragique retentissante qui ne vient jamais. L’émotion ne s’éveille que dans les rares moments de tendresse et de complicité entre Guillaume Canet et le petit Slimane Khettabi, qui, malgré son jeune âge, s’avère être le meilleur acteur du film. Il faudrait également signaler à Monsieur Cédric Kahn, qui crée des personnages dignes d’un reportage de Confessions Intimes, ses quelques défauts de réalisation assez risibles (Leila Bekthi pleurant sans larmes, le gardien de prison confondant sa droite et sa gauche, Guillaume Canet apprenant à parler anglais en moins de deux jours…). La morale de l’histoire ? Une vie meilleure nous attend à la sortie de la salle, et une encore meilleure, si l’on n’y entre pas.

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J.Edgar, de Clint Eastwood

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       A la suite d’une série de films moyens (L’Echange, Au-delà) ou laissant la presse et le public dubitatifs (Invictus), Clint Eastwood revient en force avec le biopic d’un homme controversé aux multiples facettes. Dans ce drame complexe, il joue sur la dualité du personnage, alternant entre l’exigence presque maniaque de l’antipathique Hoover et la fragilité d’un John Edgar, homosexuel refoulé fortement attaché à sa mère. Un scénario en béton comme celui-ci ne pouvait être servi que par la sublime photographie de Tom Stern, bien plus sombre que d’ordinaire, ainsi que par des acteurs magistraux. Leonardo DiCaprio excelle et reste très convaincant même derrière son masque et Armie Hammer s’affirme ici dans un rôle à la fois tendre et imposant, notamment dans la scène de dispute amoureuse.  Le film manque tout de même d’une certaine flamme et perd de sa cohérence au fur et à mesure par ses flash-backs successifs, pourtant bien agencés. Sans se hisser à la hauteur d’un Gran Torino inoubliable, J.Edgar reste un biopic énergique et réaliste, pimenté par une histoire d’amour surprenante, que le réalisateur traite comme à son habitude, avec beaucoup de pudeur et de sensibilité. Une question reste tout de même sans réponse : où est donc la nomination pour DiCaprio aux Oscars ? Espérons que ce dernier recevra la récompense suprême un jour ou l’autre pour son impressionante carrière !

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    ☆☆☆☆☆ A éviter
    ★☆☆☆☆ Mauvais
    ★★☆☆☆ Pas terrible
    ★★✬☆☆ Moyen
    ★★★☆☆ Bien
    ★★★★☆ Grand Film
    ★★★★★ Chef d'Oeuvre

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