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Sur la Route, de Walter Salles

Sur la Route, de Walter Salles Sur-la-Route

   

     

        Walter Salles, réalisateur de Carnets de voyage, s’immisce cette année dans la compétition cannoise avec ce nouveau road-movie, adapté du roman éponyme de Jack Kerouac. La question était de savoir si une telle oeuvre littéraire pouvait être portée à l’écran, et ce long-métrage nous apporte doucement et gentiment la réponse : non. Car à travers de nombreuses séquences trop rapides et plates, tout finit par échapper au spectateur, qui n’a le temps de s’attacher ni aux personnages, ni à leur voyage initiatique. Même si le cinéaste brésilien, pour donner un goût de liberté et de modernité à son récit, joue sur l’outrance en balançant du sexe et de la drogue à tout-va, le résultat final reste bien sage. La photographie lumineuse et les beaux acteurs, Kristen Stewart en tête, ne réussissent pas à sauver le tout. Si le livre est fondateur de la « Beat Generation », le film, lui, est bien loin de révolutionner le genre du road-movie. C’est à se demander si ce périple sans saveur, véritable défilé de banalités, avait sa place en sélection officielle. 

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[Cannes 2012] Bilan et Palmarès

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                 « Et si on essayait d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple. » Voici les dernières paroles prononcées par Jean-Louis Trintignant, avant de quitter la scène, devant une salle remplie d’Amour. De l’Amour, à Cannes, il y en a eu, comme chaque année. L’Amour du cinéma, bien évidemment. Car le cœur des festivaliers cannois a battu durant ces dix jours. De rage ou de satisfaction. De désespoir ou d’émerveillement. De haine ou d’amour. Surtout d’Amour. Alors que le cœur de la presse balançait entre Carax, Nichols et Audiard, celui de l’impitoyable jury a fait son choix. Il a choisi l’Amour. Le réalisateur autrichien Michael Haneke a su conquérir la Croisette et repart avec une Palme d’or de plus à poser sur sa cheminée, à côté de celle qu’il avait reçu il y a seulement trois ans pour Le Ruban Blanc.

                   Le reste des films récompensés en étonnera certainement plus d’un, car Nanni Moretti et son équipe semblent avoir joué la carte de la sûreté. Excepté les vainqueurs des deux prix d’interprétation, Mads Mikkelsen et les deux actrices d‘Au-delà des collines Cosmina Stratan et Cristina Flutur, les réalisateurs primés sont pour ainsi dire habitués à voir leurs noms inscrits au palmarès. Ken Loach, Cristian Mungiu, Carlos Reygadas et Matteo Garrone, (distingués, dans l’ordre, par le Prix du Jury, le Prix du scénario, le Prix de la mise en scène et le Grand Prix du Jury) ayant déjà reçu de prestigieux prix cannois, ne créent pas la surprise. Un résultat final peu attendu donc, manquant cruellement de jeunesse et de nouveauté, contrairement à la catégorie Un Certain Regard, qui a su tirer son épingle du jeu en dévoilant quelques petits joyaux tels que Laurence Anyways (Queer Palm), Les bêtes du sud sauvage, Antiviral (réalisé par Cronenberg Junior) et Despuès de Lucia, lauréat du prix de la sélection.

                    Finalement, il faut bien avouer que la course à la Palme d’or n’aura pas été très palpitante cette année. Car entre un cinéma américain indigne de la compétition (en dehors de l’intriguant Mud de Jeff Nichols), de bons films français mais visiblement pas assez coriaces pour détrôner les anciens, et un Holy Motors aussi adulé que détesté par les festivaliers, la compétition officielle semble bien en deçà du grand cru 2011. Souvenons-nous : The Tree of Life, Melancholia, Drive, Polisse, The ArtistLa Piel que Habito… Autant de films que nous avions envie de découvrir en mai dernier et qui n’hésitaient pas à se faire désirer. Autant dire que cette année, les films sélectionnés et le palmarès ne laissent pas aussi rêveurs… En cette fin de Festival, il ne nous reste plus qu’à espérer que 2013 nous réserve de grandes surprises cinématographiques et nous fasse vite oublier cette 65e édition en demi-teinte.

 

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Disparue, de Heitor Dhalia

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          Heitor Dhalia est le réalisateur d’A deriva, film brésilien présenté en 2009 au Festival de Cannes dans la catégorie Un Certain Regard. Il se lance aujourd’hui dans le cinéma américain avec ce thriller racontant l’histoire de Jill, jeune fille aux antécédents psychologiques, qui part à la recherche de sa soeur enlevée par l’homme qui l’avait déjà séquestrée quelques temps plus tôt. Mais voilà, lorsque Jill alerte la police, personne ne la croit : elle mène alors sa propre enquête, envers et contre tous, bien décidée à tuer son bourreau. Alors que le début du film laisse entrevoir quelques pistes à suivre (Qui est l’homme recherché ? Le petit ami ? Le flic trop gentil ? Le voisin étrange ? Ou est-elle vraiment folle ?), l’intrigue ne laisse place qu’à un dénouement des plus classiques et d’une bétise accablante. Car entre un scénario si mince qu’il est possible d’en prévoir chaque rebondissement, où chaque dialogue, chaque situation est plus ridicule et plus abracadabrante que la précédente, une mise en scène non exploitée et des acteurs qui n’ont pas l’air de comprendre dans quoi ils se sont embarqués, le long-métrage devient rapidement grotesque et même assez risible. N’installant aucune tension dramatique, Disparue est un tel florilège de clichés et d’invraisemblances qu’il n’est digne au mieux que d’un mauvais thriller, au pire que d’un téléfilm du dimanche soir.

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Moonrise Kingdom, de Wes Anderson

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         Au royaume du cinéma, Wes Anderson n’a plus grand chose à prouver. On le connaissait  pour son univers particulier, ses protagonistes d’hommes-enfants, ses couleurs vives, sa musique rock’n'roll mélancolique, son souci du détail, quitte à laisser l’émotion au bord de la route. Moonrise Kingdom, avec ses personnages loufoques en mal de liberté et sa mise en scène maîtrisée et édulcorée par quelques gags visuels, ne déroge pas au style du réalisateur et nous plonge dans un monde où souvenirs d’enfance, espièglerie et violence règnent. Le plus étonnant, c’est que Wes Anderson, en plus de transformer ses acteurs en attachantes bêtes de foire, réussit le pari fou de diriger de jeunes comédiens et à en faire d’une façon remarquable des enfants aux ambitions trop adultes. De ce fait, il nous livre une oeuvre insensée et unique, quelque peu académique, mais rendue touchante notamment grâce à la fraîcheur des deux jeunes rôles principaux, épaulée par une sublime bande originale. Ce bijou de poésie purement andersonien en ennuiera certainement plus qu’il n’en épatera, mais ce qui est sûr, c’est qu’il ne laissera personne indifférent.  Reste à savoir maintenant si le cinéaste trouvera assez d’imagination pour renouveler son art pour nous enchanter à nouveau. Affaire à suivre…

 

 

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Men in Black 3, de Barry Sonnenfeld

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         C’est bien connu : plus il y a de suites au cinéma, plus c’est mauvais. Après dix ans d’absence, Men in Black échappe pourtant à cette règle implacable qui en a fait tomber plus d’un (à commencer par, tout récemment, American Pie, qui n’a pas résisté à un abject quatrième volet). Car après un MIIB plutôt raté, force est de reconnaître que Barry Sonnenfeld nous livre ici un blockbuster sans temps mort, à l’humour rempli d’auto-dérision, servi par un Will Smith qui ne semble pas avoir changé autant physiquement que comiquement depuis le premier opus, face à un Josh Brolin impressionnant de ressemblance avec son modèle. Même si la deuxième partie du film sombre dans un spectacle familial truffé de bons sentiments, porté par un méchant sous le nom de Boris « l’animal », pas si animal que ça et même assez ridicule, l’ensemble reste une comédie divertissante des plus satisfaisantes, où le cinéaste, en revenant à l’année 1969, semble même prendre un malin plaisir à jouer avec l’Histoire, en allant de la culture Underground d’Andy Warhol au lancement d’Apollo 11, en passant par la vague hippie de la fin des sixties. Il est donc difficile de bouder son plaisir devant cet énergique opus aux accents nostalgiques, mais on espère pourtant que ce troisième épisode sera le dernier, afin de garder un souvenir globalement bon de toute cette aventure.

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Je te promets, de Michael Sucsy

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    Reprenant les deux acteurs principaux de N’Oublie jamais et de Cher John, Je te promets, deuxième long-métrage de son réalisateur, laissait espérer une comédie romantique agréable, au mieux touchante. Mais n’émerge de cette énième romance sirupeuse qu’un scénario plat, prônant des valeurs américano-bourgeoises, et qui, pourtant basé sur des faits réels, ne se révèle que très peu crédible. Faute peut-être à une musique sans intensité, à un puritanisme exacerbé et surtout, à un couple qui ne fonctionne pas à l’écran. Car si Rachel McAdams, qu’on sait faite pour ce genre de personnage, (même si on préférerait la voir dans un autre registre), reste convaincante dans son rôle, Channing Tatum, lui, affiche une mine inexpressive tout au long du film et ne joue que la carte du charme pour tenter de convaincre le spectateur. Laissant une vague impression de déjà-vu, ce mélodrame prévisible ne parvient pas à procurer ne serait-ce qu’un minimum de plaisir coupable et est bien loin de tenir ses promesses. Aussitôt vu, aussitôt oublié.

 

 

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De Rouille et d’os, de Jacques Audiard

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        Premier des trois films français en compétition à se dévoiler au 65e Festival de Cannes, le nouveau Jacques Audiard intrigue, fascine, mais aussi, il faut bien l’avouer, laisse perplexe. Car derrière sa parfaite maîtrise de la mise en scène révélant des plans d’une beauté hypnotique, parfois d’une intensité sans nom, se cache une froideur inexplicable. Sûrement une pure volonté de la part du réalisateur, pour ne pas tomber dans les codes trop complaisants du mélodrame, de laisser une distance entre ses personnages, entre eux et le spectateur, par des dialogues trop peu naturels et un scénario assez vain. Se dégagent pourtant de De Rouille et d’os, une infinie délicatesse, une sensualité presque animale, qui, tout droit sorties du misérabilisme le plus sordide, sont servies par une musique originale d’Alexandre Desplat absolument enchanteresse et tiennent surtout à la force d’interprétation de Marion Cotillard, qui se présente ici comme une concurrente sérieuse à la course au prix d’interprétation féminine. 

 

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Perfect Sense, de David MacKenzie

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     Imaginez : une terrible épidémie se répand sur Terre et fait perdre à l’homme quatre de ses cinq sens : l’odorat, le goût, l’ouïe et la vue. Que nous reste-t-il, une fois que nos capacités animales ont disparu ? L’amour, bien évidemment. Mais ce que le réalisateur semble avoir oublié, c’est que l’amour, et plus précisément, l’amour du cinéma, ne se résument pas à des plans fixes sur ce qu’il se passe aux quatre coins du monde, avec en musique de fond des violons qui crient à la mort et la voix-off d’Eva Green qui ne cesse de discourir sur le sens de la vie. Si la photographie froidement grisâtre reste intéressante, le réalisateur plonge son film dans une ambiance sordide, et à défaut de livrer une romance déchirante, semble avoir choisi la voie du spot publicitaire pour exposer une histoire baignant dans des préceptes moralistes consternants. Devant une telle fresque décorative, on en vient même à se demander quel plaisir de cinéaste a pu trouvé David MacKenzie dans ce projet totalement aseptisé et insignifiant. Peut-être était-ce pour se hisser à la hauteur de Danny Boyle, symbole cinématographique de la «culture pub», mais Perfect Sense reste bien loin d’arriver à la cheville d’un Trainspotting, qui affichait  un Ewan McGregor plus jeune, mais pourtant bien plus transcendant.

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Dark Shadows, de Tim Burton

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     Le grand Tim Burton serait-il en panne de génie ? Après l’immonde Alice aux pays des merveilles, le nouveau film du grand maître de l’Etrange était attendu par tous ses fans et intriguait les plus sceptiques, mais il faut bien avouer que le long métrage ne se montre pas au rendez-vous. Si la patte du réalisateur est bien visible dans les décors et les costumes qui plongent le spectateur dans un univers gothique, force est de reconnaître que le scénario, lui, n’est pas à la hauteur d’un Beetlejuice ou d’un Edward aux mains d’argent digne de ce nom. Sous des apparences plutôt trompeuses, avec des acteurs tous aussi géniaux les uns que les autres (avec une mention spéciale pour Chloé Grace Moretz, qui confirme ici la grande carrière qui l’attend) et même grâce à quelques petites touches d’humour décalé, le film ne convainc pas, tant dans son manque de dynamisme et bizarrement, de folie, que dans son dernier quart d’heure bourré d’effets spéciaux écoeurants. Au final, Dark Shadows reste une simple comédie aux personnages trop superficiels, pas toujours divertissante et pas aussi insolite qu’on pourrait le croire, faute peut-être à une bande-annonce bien trop explicite. Espérons que le cinéaste reviendra en forme avec son remake du film d’animation Frankenweenie le 31 octobre prochain.

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La Cabane dans les bois, de Drew Goddard

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    Joss Whedon (et oui, encore lui), revient après Avengers, en tant que producteur cette fois-ci, avec ce film d’horreur au concept novateur. Bourré de références cinématographiques diverses, La Cabane dans les bois surprend tant par son inventivité que par sa deuxième partie totalement déjantée. Avec une mise en scène parfaitement maîtrisée, Drew Goddard réinvente les codes du film d’épouvante en faisant des personnages de Bradley Whitford et de Richard Jenkins des substituts du spectateur, abandonnant quelque peu la terreur que peut procurer un tel film pour se consacrer à une dimension plus drolatique et réfléchie. Car si le long-métrage souffre de nombreux clichés, le spectateur ne boudera pas son plaisir face à un scénario aussi pervers qu’habile, délicieux mélange entre Massacre à la tronçonneuse et The Truman Show

 

 

 

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  • Notation

    ☆☆☆☆☆ A éviter
    ★☆☆☆☆ Mauvais
    ★★☆☆☆ Pas terrible
    ★★✬☆☆ Moyen
    ★★★☆☆ Bien
    ★★★★☆ Grand Film
    ★★★★★ Chef d'Oeuvre

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