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Blanche-Neige et le Chasseur, de Rupert Sanders

 

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               Seulement deux mois après l’adaptation de Tarsem Singh, c’est à Rupert Sanders de débarquer en Hexagone avec sa réécriture du célèbre conte des Frères Grimm. Car Blanche-Neige à Hollywood, c’est un peu comme La Guerre des boutons en France : c’est prendre une première oeuvre à l’immense succès (ici, le film de Disney), pour en faire deux relectures plus ou moins fidèles à l’originale, avec une bonne dose de modernisation. Mais il y a des limites à l’imagination. Car Blanche-Neige et le Chasseur ne réinvente pas grand chose, tant sur le fond que sur la forme. Les effets spéciaux ne sont là que pour combler un vide esthétique rempli de scènes d’action brouillon, entièrement inspiré du Seigneur des Anneaux, autant dans la composition des plans que dans l’apparence de certaines créatures de la forêt. Le faible scénario nous laisse impuissants face à son histoire ennuyeuse introduite par une voix-off interminable et face au ridicule de ses dialogues, en plus de nous offrir une Jeanne d’Arc en guise de Blanche-Neige ménagère entourée de sept petits hommes. Si l’apparition tardive de ces sept nains (qui n’en sont pas, d’ailleurs) surprend et laisse à sourire, il s’avère rapidement que ce clin d’oeil ressemble plus à une obligation vulgaire qu’à une réelle volonté d’actualisation des personnages. On pourrait enfin penser que les trois acteurs principaux sont là pour relever le niveau d’une réalisation fragile, mais c’est loin d’être le cas. Kristen Stewart retrouve ses automatismes de Twilight en affichant une moue boudeuse, Chris Hemsworth interprète un Thor bis, et Charlize Theron sauve un peu le tout grâce à sa beauté imposante, mais ne parait pas s’investir totalement dans son personnage hystérique et nymphomane. Seuls les costumes de la triplement oscarisée Colleen Atwood et la musique de James Newton Howard (co-compositeur avec Hans Zimmer sur The Dark Knight, quand même !) valent le détour. Et puis, qui pourrait croire à une histoire qui nous vend dès le début l’idée que Kristen Stewart serait plus belle que Charlize Theron ? Absolument personne. Force est de reconnaître que le producteur d’Alice au Pays des Merveilles nous livre ici un film aussi crédible qu’une pub pour après-shampoing, où aucune magie n’est reconstituée à part dans une séquence hallucinante de niaiserie. Et quand on sait qu’une Blanche-Neige adepte d’arts martiaux et qu’une Belle au bois dormant avec Angelina Jolie dans le rôle de Maléfique sont en préparation, il y a de quoi s’inquiéter. Toutes ces grosses productions hollywoodiennes sont encore bien loin d’arriver à la cheville de Once Upon a Time, série télévisée créée par Edward Kitsis et Adam Horowitz, véritable exemple d’inventivité et de féerie moderne.

 

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21 Jump Street, de Phil Lord et Chris Miller

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       Phil Lord et Chris Miller. L’un est scénariste de la première saison de How I Met Your Mother, l’autre est réalisateur de Shrek 3 et du Chat Potté. Ils adaptent ensemble la série 21 Jump Street sur grand écran, pour en faire une bromance moderne et décalée. Ce buddy-movie inverse les codes de la coolitude en plaçant Channing Tatum dans le rôle du geek fana de physique-chimie et Jonah Hill dans celui du garçon le plus populaire du lycée. Le duo fonctionne à merveille, les blagues potaches fusent, l’émotion est bien présente, et le tout est dynamisé par une bande-son rap ainsi qu’un montage nerveux. Quelques gags auraient pu être évités, mais une bonne énergie se dégage de cette comédie loin de tout stéréotype, où les scènes d’action mêlent humour et frisson et où un caméo surprise nous attend pour notre plus grand plaisir. Evidemment, comme pour la plupart des films actuels, et comme le laisse présager la fin, la suite est déjà en préparation et verra le jour dans deux ou trois ans. L’adaptation de la série avait déjà fait jaser, pas sûr qu’une suite soit bien accueillie. To be continued…

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I Wish, de Kore-Eda Hirokazu

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         Après Still Walking et Nobody Knows, le réalisateur japonais Kore-Eda Hirokazu vient nous conter l’histoire de deux frères séparés par le divorce de leurs parents qui vont se retrouver pour faire le voeu de revivre ensemble. Joli et coloré, le film, porté par deux jeunes acteurs irrésistibles et une musique entraînante, dépeint avec charme le monde de l’enfance et ses rêves inavoués. Cependant, quelques séquences inutiles, un humour trop gentillet et une morale niaise servent un scénario finalement inégal, aux dialogues bavards, et la réflexion existentielle qu’il entreprend ne reste malheureusement qu’à l’état d’ébauche. Rarement captivant et souvent long, I Wish met du temps à s’installer, et ne parvient ni à provoquer l’émotion qu’il laissait entrevoir, ni à instaurer assez d’énergie narrative pour totalement convaincre. Une fresque (trop) mignonnette dont on ne retiendra que les deux bouilles d’anges en tête d’affiche. 

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Le Grand Soir, de Gustave Kervern et Benoit Délépine

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        Dans la France d’aujourd’hui, Not (Benoit Poelvoorde) et son frère Jean-Pierre (Albert Dupontel) décident de se révolter contre une société en crise. Ces deux « punk à chiens » ont amené Gustave Kervern et Benoit Délépine, réalisateurs décalés de Mammuth et Louise-Michel, à Cannes où ils ont reçu le prix spécial du Jury d’Un Certain Regard, et on se demande bien pourquoi. Car à trop vouloir entrer dans le système vicieux de la provocation, le film se révèle être « une solution simple à un problème compliqué », comme le dit Benoit Poelvoorde devant un homme prêt à se passer la corde au cou. Vide, désintéressé et narcotique, ce bazar sans nom ne respecte ni son public, ni ses deux acteurs principaux, qui mettent pourtant beaucoup de bonne volonté dans leur jeu, ni un Gérard Depardieu dont l’apparition ressemble plus à un clin d’oeil malicieux qu’à un vrai rôle. Sans réelle maîtrise ni véritable intérêt, Le Grand Soir n’a pas l’étrange poésie de Mammuth et ne propose aucune révolution cinématographique. Après s’être invités sur la Croisette, les deux Grolandais risquent aussi de se payer une place aux prochains Césars, ce qui montre le niveau actuel du cinéma « d’auteur » français : désolant.

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Au Pays du Sang et du Miel, d’Angelina Jolie

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            Nommé aux Oscars dans la catégorie         « Meilleur film étranger », la première réalisation d’Angelina Jolie revient sur la guerre de Bosnie qui a éclaté dans les années 1990, et plus particulièrement sur le combat des femmes prisonnières des camps de concentration. En premier lieu, le film convainc, tant par la force de sa séquence d’exposition, que par la façon dont la caméra semble flotter autour des personnages pour les mettre en valeur. Sublimé ensuite par quelques moments de grâce, notamment dans les scènes d’amour pourtant répétitives, et par la fragilité percutante de l’actrice principale Zana Marjanovic, Au Pays du Sang et du Miel n’échappe cependant pas aux défauts majeurs d’un premier long-métrage. Se révélant très vite ennuyeux, le film baigne dans des scènes d’action et de violence  manquant de nuance, parfois de vraisemblance, où rien ne se dégage en dehors d’une naïve nécessité de rappeler des faits historiques. Tombant dans les bas-fonds d’un manichéisme trop marqué, le coup d’essai d’Angelina Jolie s’avère pour le moins raté, mais révèle quand même un certain potentiel de réalisatrice et annonce peut-être une nouvelle carrière en perspective pour l’ex-Lara Croft.

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Prometheus, de Ridley Scott

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              Voilà maintenant trois ans qu’a été dévoilé le projet Prometheus. Bénéficiant d’une promotion considérable, d’un budget de 150 millions de dollars et d’un casting aux petits oignons, le nouveau bébé de Ridley Scott a fait couler beaucoup d’encre. Révélé aujourd’hui sur nos écrans, que vaut réellement le film ? Retour en cinq questions sur le mystère Prometheus. Attention, spoilers…

 

  •  De quoi ça parle ? 

                En 2089, Elizabeth Shaw, incarnée par Noomi Rapace, et Charlie Holloway, interprété par Logan-Marshall Green (frère caché de Tom Hardy ?), découvrent une peinture préhistorique représentant un homme pointant le doigt vers un système stellaire. Une expédition scientifique sur la planète LV-223 est alors organisée par la société de Peter Weyland (Guy Pearce). Les deux chercheurs partent donc en mission à bord du Prometheus afin de trouver les origines de l’Humanité. Avec eux, toute une équipe d’explorateurs, présents pour différentes raisons, dont l’androïde David (Michael Fassbender), le chef de mission Vickers (Charlize Theron) et le pilote blasé Janek (Idris Elba). Ils découvriront vite que la vie sur terre fut créée par un peuple humanoïde à l’intelligence supérieure à la nôtre. Reste à savoir comment et pourquoi…

  •  Vrai ou faux prequel d’Alien ?

               Le projet avait en premier lieu été annoncé comme un prequel à Alien, mais a vite évolué en film indépendant de la saga. Cependant, Prometheus ne va pas sans apporter quelques réponses, certes floues, voire grotesques, aux origines d’Alien, sans oublier quelques ressemblances évidentes avec la quadrilogie : l’équipe envoyée dans l’espace, l’héroïne plus forte que les hommes, une scène sanglante déjà culte, la créature à bord du vaisseau qui semble n’être pas moins que l’ancêtre des Facehuggers. Mais en dehors de ces similitudes, Prometheus installe une histoire toute neuve, apportant de nouvelles questions restant sans réponse (un deuxième opus en vue ?), instaurant une mythologie totalement indépendante. Une quête des origines qui s’annonce passionnante, mais qui pour l’heure, reste assez frustrante, faute à de trop nombreuses interrogations laissées en suspens.

  • Que vaut le scénario ?

              La question est légitime, car dernièrement, avec un Avengers au scénario plus que bâclé et la nouvelle folie Hunger Games digne d’un film d’action pour Bisounours, il faut bien avouer que les scénaristes des blockbusters semblent en mal d’imagination. Ici, Damon Lindelof, scénariste de la série Lost, n’échappe pas au virus hollywoodien, en affichant un florilège de personnages inutiles, transparents, cupides, bêtes ou méchants, où seuls Elizabeth Shaw et David s’en sortent avec les honneurs, portés par une Noomi Rapace aussi impressionnante que Sigourney Weaver dans les scènes d’action, et un Michael Fassbender parfait en androïde blond, mécanique et stoïque. En truffant son histoire de petits détails insignifiants, voire assez risibles, qui laissent indifférents ou parfois perplexes, Damon Lindelof laisse Prometheus s’échapper par quelques trous d’air. Pourquoi David déteste-t-il autant les hommes au point de les trahir ? Quelle est la réelle utilité du personnage de Guy Pearce ? Pourquoi chaque réplique de Noomi Rapace sonne faux ? Quel intérêt à installer une aventure entre Janek et Vickers ? Pourquoi Charlize Theron court-elle dans l’axe du vaisseau qui lui tombe dessus ?  Voici quelques exemples de faiblesses scénaristiques auxquels nous aurions aimé échapper, à défaut de pouvoir les expliquer.

  • Ridley Scott, un réalisateur en or ?

            Oui et non. Car, d’abord, Ridley Scott n’est pas n’importe qui. N’oublions pas qu’il s’est vite imposé dans le courant des années 1980 comme le maître absolu de la Science-Fiction avec Blade Runner, et son cultissime Alien : le huitième passager. Et il faut bien reconnaître qu’il sauve ici, visuellement s’entend, les faiblesses d’un scénario brouillon. Les décors aux accents kubrickiens ne vont pas sans rappeller le premier volet de la saga, les effets visuels sont tellement réalistes qu’il est difficile de ne pas plonger tout entier dans cet univers énigmatique et de ne pas exulter devant une telle beauté esthétique. Mais, car il y a un mais, Ridley Scott, véritable réalisateur de la claustrophobie, semble avoir oublié un élément essentiel pour totalement convaincre : la peur. Action et horreur sont au rendez-vous, mais l’angoisse manque cruellement au tableau. Cette angoisse qui avait fait d’Alien un pur chef d’oeuvre de paranoïa. Ici, le cinéaste livre des images somptueuses, mais sa mise en scène manque de transcendance, de prise de risque, et reste donc facilement oubliable. Dommage…

  • Prometheus, un concept novateur ?

           Si le film s’inspire clairement de la saga Alien, nombreuses sont les références, ressemblances, réminiscences cinématographiques. Evidemment, mêlant bestioles de l’espace et robots conçus par les hommes, Prometheus semble tout d’abord être une fusion entre Alien et Blade Runner, au moins au niveau conceptuel. Ensuite, l’histoire rappelle vaguement celle de Mission to Mars (De Palma, 2000), et son dénouement, sans surprise, rempli d’héroïsme pesant et laissant un léger sentiment d’inachevé, évoque celui du Huitième passager, mais en moins bien. Sans compter que les hommes blancs censées être nos prédecesseurs ressemblent trop au Dr. Manhattan de Watchmen pour être totalement originaux. Prometheus n’atteint donc pas des sommets d’inventivité, mais procure un plaisir visuel tel, qu’on se laisse facilement prendre au jeu. Reste tout de même une infime insatisfaction,  une étrange impression de s’être fait avoir. Une sorte de goût doux-amer.

 

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Cosmopolis, de David Cronenberg

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         Depuis le verbeux A Dangerous Method, on se demandait où avait bien pu passer Monsieur David Cronenberg, grand réalisateur de La Mouche. Il semble bel et bien de retour avec Cosmopolis, adaptation du roman éponyme de Don de Lillo. Robert Pattinson incarne Eric Packer, jeune multi-milliardaire, enfermé dans sa limousine blanche, obsédé par l’idée de se rendre chez le coiffeur alors que la ville meurt à petit feu. L’ex-vampire montre enfin toute l’étendue de son talent, adoptant regard vide et attitude blasée, et casse contre toute attente son image d’acteur pour midinettes. Hypnotique et  haletant, le film s’impose rapidement comme une vive critique du capitalisme, à la réalisation parfaite allant crescendo, à la tension palpable, à la bande son électrisante, au discours incroyablement actuel, dont les effets persistent à long terme. Pourtant, c’est certain, ce diamant brut divisera, faute à de trop nombreux dialogues abrutissants et à une lenteur qui agacera les plus impatients. Véritable alliage de simplicité et de complexité, de désir et de mort, de réel et d’irréel, Cosmopolis est un long-métrage qui s’inscrit parfaitement dans notre époque et marque par sa violence tranquille, sa démesure déconcertante, sa passivité passionnante, sa force dévastatrice. Le plus beau dans tout ça, c’est que désormais, Robert Pattinson ne sera plus Edward Cullen, mais Eric Packer, héros tragique sexuel et torturé. Une sorte de Travis Bickle du vingt-et-unième siècle. Beaucoup plus classe, d’un coup, non ?

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  • Notation

    ☆☆☆☆☆ A éviter
    ★☆☆☆☆ Mauvais
    ★★☆☆☆ Pas terrible
    ★★✬☆☆ Moyen
    ★★★☆☆ Bien
    ★★★★☆ Grand Film
    ★★★★★ Chef d'Oeuvre

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