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Moonrise Kingdom, de Wes Anderson

Moonrise Kingdom, de Wes Anderson Moonrise-Kingdom

 

         Au royaume du cinéma, Wes Anderson n’a plus grand chose à prouver. On le connaissait  pour son univers particulier, ses protagonistes d’hommes-enfants, ses couleurs vives, sa musique rock’n'roll mélancolique, son souci du détail, quitte à laisser l’émotion au bord de la route. Moonrise Kingdom, avec ses personnages loufoques en mal de liberté et sa mise en scène maîtrisée et édulcorée par quelques gags visuels, ne déroge pas au style du réalisateur et nous plonge dans un monde où souvenirs d’enfance, espièglerie et violence règnent. Le plus étonnant, c’est que Wes Anderson, en plus de transformer ses acteurs en attachantes bêtes de foire, réussit le pari fou de diriger de jeunes comédiens et à en faire d’une façon remarquable des enfants aux ambitions trop adultes. De ce fait, il nous livre une oeuvre insensée et unique, quelque peu académique, mais rendue touchante notamment grâce à la fraîcheur des deux jeunes rôles principaux, épaulée par une sublime bande originale. Ce bijou de poésie purement andersonien en ennuiera certainement plus qu’il n’en épatera, mais ce qui est sûr, c’est qu’il ne laissera personne indifférent.  Reste à savoir maintenant si le cinéaste trouvera assez d’imagination pour renouveler son art pour nous enchanter à nouveau. Affaire à suivre…

 

 

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Men in Black 3, de Barry Sonnenfeld

Men in Black 3, de Barry Sonnenfeld Men-in-Black-3

     

         C’est bien connu : plus il y a de suites au cinéma, plus c’est mauvais. Après dix ans d’absence, Men in Black échappe pourtant à cette règle implacable qui en a fait tomber plus d’un (à commencer par, tout récemment, American Pie, qui n’a pas résisté à un abject quatrième volet). Car après un MIIB plutôt raté, force est de reconnaître que Barry Sonnenfeld nous livre ici un blockbuster sans temps mort, à l’humour rempli d’auto-dérision, servi par un Will Smith qui ne semble pas avoir changé autant physiquement que comiquement depuis le premier opus, face à un Josh Brolin impressionnant de ressemblance avec son modèle. Même si la deuxième partie du film sombre dans un spectacle familial truffé de bons sentiments, porté par un méchant sous le nom de Boris « l’animal », pas si animal que ça et même assez ridicule, l’ensemble reste une comédie divertissante des plus satisfaisantes, où le cinéaste, en revenant à l’année 1969, semble même prendre un malin plaisir à jouer avec l’Histoire, en allant de la culture Underground d’Andy Warhol au lancement d’Apollo 11, en passant par la vague hippie de la fin des sixties. Il est donc difficile de bouder son plaisir devant cet énergique opus aux accents nostalgiques, mais on espère pourtant que ce troisième épisode sera le dernier, afin de garder un souvenir globalement bon de toute cette aventure.

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Je te promets, de Michael Sucsy

Je te promets, de Michael Sucsy Je-Te-Promets-The-Vow-Affiche-France

 

   

    Reprenant les deux acteurs principaux de N’Oublie jamais et de Cher John, Je te promets, deuxième long-métrage de son réalisateur, laissait espérer une comédie romantique agréable, au mieux touchante. Mais n’émerge de cette énième romance sirupeuse qu’un scénario plat, prônant des valeurs américano-bourgeoises, et qui, pourtant basé sur des faits réels, ne se révèle que très peu crédible. Faute peut-être à une musique sans intensité, à un puritanisme exacerbé et surtout, à un couple qui ne fonctionne pas à l’écran. Car si Rachel McAdams, qu’on sait faite pour ce genre de personnage, (même si on préférerait la voir dans un autre registre), reste convaincante dans son rôle, Channing Tatum, lui, affiche une mine inexpressive tout au long du film et ne joue que la carte du charme pour tenter de convaincre le spectateur. Laissant une vague impression de déjà-vu, ce mélodrame prévisible ne parvient pas à procurer ne serait-ce qu’un minimum de plaisir coupable et est bien loin de tenir ses promesses. Aussitôt vu, aussitôt oublié.

 

 

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De Rouille et d’os, de Jacques Audiard

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        Premier des trois films français en compétition à se dévoiler au 65e Festival de Cannes, le nouveau Jacques Audiard intrigue, fascine, mais aussi, il faut bien l’avouer, laisse perplexe. Car derrière sa parfaite maîtrise de la mise en scène révélant des plans d’une beauté hypnotique, parfois d’une intensité sans nom, se cache une froideur inexplicable. Sûrement une pure volonté de la part du réalisateur, pour ne pas tomber dans les codes trop complaisants du mélodrame, de laisser une distance entre ses personnages, entre eux et le spectateur, par des dialogues trop peu naturels et un scénario assez vain. Se dégagent pourtant de De Rouille et d’os, une infinie délicatesse, une sensualité presque animale, qui, tout droit sorties du misérabilisme le plus sordide, sont servies par une musique originale d’Alexandre Desplat absolument enchanteresse et tiennent surtout à la force d’interprétation de Marion Cotillard, qui se présente ici comme une concurrente sérieuse à la course au prix d’interprétation féminine. 

 

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Perfect Sense, de David MacKenzie

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     Imaginez : une terrible épidémie se répand sur Terre et fait perdre à l’homme quatre de ses cinq sens : l’odorat, le goût, l’ouïe et la vue. Que nous reste-t-il, une fois que nos capacités animales ont disparu ? L’amour, bien évidemment. Mais ce que le réalisateur semble avoir oublié, c’est que l’amour, et plus précisément, l’amour du cinéma, ne se résument pas à des plans fixes sur ce qu’il se passe aux quatre coins du monde, avec en musique de fond des violons qui crient à la mort et la voix-off d’Eva Green qui ne cesse de discourir sur le sens de la vie. Si la photographie froidement grisâtre reste intéressante, le réalisateur plonge son film dans une ambiance sordide, et à défaut de livrer une romance déchirante, semble avoir choisi la voie du spot publicitaire pour exposer une histoire baignant dans des préceptes moralistes consternants. Devant une telle fresque décorative, on en vient même à se demander quel plaisir de cinéaste a pu trouvé David MacKenzie dans ce projet totalement aseptisé et insignifiant. Peut-être était-ce pour se hisser à la hauteur de Danny Boyle, symbole cinématographique de la «culture pub», mais Perfect Sense reste bien loin d’arriver à la cheville d’un Trainspotting, qui affichait  un Ewan McGregor plus jeune, mais pourtant bien plus transcendant.

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Dark Shadows, de Tim Burton

 Dark Shadows, de Tim Burton 554437_3683648503172_1633900894_2817051_1642518306_n         

     Le grand Tim Burton serait-il en panne de génie ? Après l’immonde Alice aux pays des merveilles, le nouveau film du grand maître de l’Etrange était attendu par tous ses fans et intriguait les plus sceptiques, mais il faut bien avouer que le long métrage ne se montre pas au rendez-vous. Si la patte du réalisateur est bien visible dans les décors et les costumes qui plongent le spectateur dans un univers gothique, force est de reconnaître que le scénario, lui, n’est pas à la hauteur d’un Beetlejuice ou d’un Edward aux mains d’argent digne de ce nom. Sous des apparences plutôt trompeuses, avec des acteurs tous aussi géniaux les uns que les autres (avec une mention spéciale pour Chloé Grace Moretz, qui confirme ici la grande carrière qui l’attend) et même grâce à quelques petites touches d’humour décalé, le film ne convainc pas, tant dans son manque de dynamisme et bizarrement, de folie, que dans son dernier quart d’heure bourré d’effets spéciaux écoeurants. Au final, Dark Shadows reste une simple comédie aux personnages trop superficiels, pas toujours divertissante et pas aussi insolite qu’on pourrait le croire, faute peut-être à une bande-annonce bien trop explicite. Espérons que le cinéaste reviendra en forme avec son remake du film d’animation Frankenweenie le 31 octobre prochain.

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La Cabane dans les bois, de Drew Goddard

La Cabane dans les bois, de Drew Goddard Affiche_La-Cabane-dans-les-Bois

 

   

    Joss Whedon (et oui, encore lui), revient après Avengers, en tant que producteur cette fois-ci, avec ce film d’horreur au concept novateur. Bourré de références cinématographiques diverses, La Cabane dans les bois surprend tant par son inventivité que par sa deuxième partie totalement déjantée. Avec une mise en scène parfaitement maîtrisée, Drew Goddard réinvente les codes du film d’épouvante en faisant des personnages de Bradley Whitford et de Richard Jenkins des substituts du spectateur, abandonnant quelque peu la terreur que peut procurer un tel film pour se consacrer à une dimension plus drolatique et réfléchie. Car si le long-métrage souffre de nombreux clichés, le spectateur ne boudera pas son plaisir face à un scénario aussi pervers qu’habile, délicieux mélange entre Massacre à la tronçonneuse et The Truman Show

 

 

 

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Le Prénom, de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière

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        Pièce de théâtre écrite en 2010 par Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, Le Prénom débarque aujourd’hui sur nos écrans. Si l’on peut craindre les dangers du théâtre filmé, à savoir un excès de dialogues et un sur-jeu de la part des acteurs, ce n’est pas le cas ici. Bien sûr, les répliques sont prépondérantes et l’énergie débordante, mais le film réussit son pari en instaurant quelques petites techniques cinématographiques, certes basiques mais bienvenues. Là où le long-métrage réalise un tour de force, c’est dans son potentiel comique  entièrement exploité, porté par une brochette de comédiens à la conviction folle, largement menée par Valérie Benguigui et Patrick Bruel. Si la fin tourne quelque peu au drame familial, Le Prénom reste une honnête comédie française, idéale pour se détendre en famille ou entre amis. 

 

 

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The Avengers, de Joss Whedon

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  Hulk, Iron Man, Thor, Captain America, Black Widow, Hawkeye : on les avait vu débarquer tour à tour sur nos écrans, les voilà enfin tous réunis, pour le meilleur comme pour le pire. Si l’on enlève l’ironie de Tony Stark, portée par un Robert Downey Jr toujours aussi génialissime, les quelques gags visuels servis par un Hulk impressionnant et les deux ou trois plans majestueux où tous les héros sont rassemblés, que reste-t-il de ce blockbuster aux 220 millions de dollars ? Et bien, pas grand chose, à part des scènes d’action balourdes, une intrigue bien trop mince et prévisible ayant tendance à tomber dans un premier degré consternant, ainsi qu’un opportunisme dégoulinant. Joss Whedon, le créateur de la série Buffy contre les vampires, nous avait promis un des meilleurs films de supers-héros de l’année, mais ne réussit qu’à nous servir une soupe populaire, aromatisée à la sauce hollywoodienne avec en accompagnement, le gratin du cinéma américain du moment. En venant chercher un divertissement agréable dans Avengers, le spectateur n’aura gagné qu’une explosion visuelle sans âme ni consistance, un défilé de supers-stars, ainsi qu’un insupportable mal de tête. 

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Twixt, de Francis Ford Coppola

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    Hall Baltimore, écrivain raté interprété par Val Kilmer, se retrouve perdu dans une petite ville sombre de Californie, afin de trouver de l’inspiration pour son prochain livre. Il la dénichera dans un rêve où lui apparaîtra l’esprit d’une jeune fille assassinée incarnée par Elle Fanning  et embarquera dans une aventure mystérieuse, aux accents fantomatiques et vampiriques. Succédant à un Tetro déjà complexe et hétéroclite, Twixt, sous ses airs de série Z, installe une dichotomie constante entre drôlerie et sinistre, beauté et laideur, mélancolie et ridicule. En incluant le personnage d’Edgar Allan Poe à son récit, Francis Ford Coppola instaure un triple deuil : celui de Poe pour sa femme, celui de Baltimore pour sa fille, et le sien pour son fils, mort dans un accident de speedboat en 1986. Twixt résonne donc comme une exorcisation des démons du cinéaste, qui, avec ce Huit et demi des temps modernes, signe une oeuvre déconcertante, unique et personnelle, qui marque paradoxalement, en dépit d’effets techniques pour le moins fastidieux et d’un infime budget, l’apogée de sa carrière. 

 

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  • Notation

    ☆☆☆☆☆ A éviter
    ★☆☆☆☆ Mauvais
    ★★☆☆☆ Pas terrible
    ★★✬☆☆ Moyen
    ★★★☆☆ Bien
    ★★★★☆ Grand Film
    ★★★★★ Chef d'Oeuvre

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